Accueil   Agenda - News   Toutes les news Résistances bactériennes et biofilm

Résistances bactériennes et biofilm

 

Résistances bactériennes et biofilm, un enjeu de santé majeur,

une préoccupation persistante

 

 

L’augmentation ces dernières décennies du nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques de première ligne dans le monde est plus qu’inquiétante. Cette tendance globale est ainsi devenue un point de préoccupation pour l’OMS et Lyonbiopôle. En effet, les bactéries ont deux moyens de survie dans un environnement hostile. Elles peuvent développer des résistances par mutation et sélection naturelle. Ou bien, de manière communautaire, se développer sous forme de biofilm en mettant en place une barrière physico-chimique.

 

Afin de travailler sur ces problématiques de résistances bactériennes, Lyonbiopôle a initié dès 2009 avec la Fondation FINOVI, la journée Infections Nosocomiales. Un évènement qui fêtera ses 10 ans le 20 novembre prochain. Il permet de rapprocher les acteurs cliniques, académiques et industriels dans la recherche de solutions contre ce danger. La lutte contre les biofilms et les résistances bactériennes y sont logiquement des sujets récurrents.

 

La Journée est ainsi l’occasion d’aborder les nouvelles solutions thérapeutiques et diagnostiques. Elle permet aussi de présenter les technologies innovantes et approches transversales de lutte et de prévention contre les maladies infectieuses. Enfin, elle facilite la mise en connexion et interaction des spécialistes présents lors de ces journées.

 

 

POURQUOI LES RESISTANCES BACTERIENNES SONT-ELLES TOUJOURS PLUS NOMBREUSES ?

 

L’apparition de résistances bactériennes est principalement liée à l’utilisation d’antibiotiques, qui créent une pression naturelle de sélection sur les souches. Les résistances se développent d’autant plus rapidement que les antibiotiques sont utilisés massivement sur la population. Ils sont aussi présents dans l’élevage et l’agriculture à des fins préventives, et marginalement thérapeutiques.

Une étude médico-économique menée aux Etats-Unis témoigne de l’importance de la résistance bactérienne aux antibiotiques au niveau financier :

 

  • Le coût imputé aux résistances bactériennes est estimé à $20Milliards/an en frais médicaux. Il est estimé à $35 Milliards/an en perte de productivité.
  • La durée d’hospitalisation est allongée de 6,4 jours en moyenne en présence de résistance bactérienne. Cela représente 8 millions de jours/an d’hospitalisation supplémentaire.
  • 23 000 décès/an sont liés aux bactéries résistantes aux USA et 25 000 décès/an en Europe.

 

Par ailleurs, la résistance bactérienne est souvent associée aux infections nosocomiales. En effet, les infections par des bactéries résistantes peuvent plus facilement nécessiter une hospitalisation et l’hôpital, paradoxalement, peut représenter un véhicule de la transmission infectieuse.

 

Mais la résistance est aussi favorisée par les biofilms bactériens, domaine d'intérêt scientifique et médical en très forte expansion.

 

Sous forme de biofilm, les bactéries interagissent entre-elles et développent des résistances. Cette protection passe principalement par la sécrétion d’une couche protectrice à base de sucres transformés qui « imperméabilise » la communauté aux antibiotiques et lui permet d’échapper au système immunitaire. Une fois qu’un biofilm est installé, il devient donc très difficile de s’en débarrasser.

 

Par ailleurs, Il existe une corrélation évidente entre la présence d’un matériel médical au sein de l’organisme et l’établissement d’un biofilm par le biais d’un support de fixation. Le diagnostic s’oriente vers l’existence de biofilm quand le patient développe une infection chronique en présence de ce matériel. Pour les autres cas, l’omniprésence de biofilm est difficile à diagnostiquer en laboratoire de routine avec les techniques usuelles.

 

 

LES RESISTANCES BACTERIENNES REPRESENTENT UN RISQUE DE SANTE MAJEUR

 

Le premier risque porte sur l’épuisement de la pharmacopée. En effet, une grande partie des librairies chimiques et naturelles a déjà été criblée. Par ailleurs, les grands industriels ne poussent par leur R&D sur de nouveaux antibiotiques. Celle-ci est extrêmement coûteuse et le retour sur investissement faible (au regard de l’encadrement du prix des traitements).

 

Le deuxième risque porte sur le transfert de résistances entre bactéries. Le transfert de plasmides est très facile entre bactéries car c’est un mécanisme d’adaptation naturelle clef pour elles. Le risque qu’une espèce (multi-)résistante, mais bénigne, transfère sa résistance à une espèce pathogène, mais sensible, est la raison même des fortes campagnes de prévention et de sensibilisation.

 

Le troisième risque est représenté par la perte de chance lors de la prise en charge médicale d’une infection. La « perte de chance » est employée par les médecins et les professionnels qui évaluent les conséquences des maladies, des accidents ou des erreurs médicales. Une infection par une bactérie résistante mal diagnostiquée va entrainer une perte de chance. Elle ne sera pas obligatoirement traitée dès le départ comme il le faudrait. Elle pourra continuer son développement et empirer l’état de santé du patient avec des complications potentiellement graves avant d’être détectée.

 

 

L’ANTIBIOFILMOGRAMME, UNE INNOVATION DANS LA LUTTE POUR LES RESISTANCES BACTERIENNES   

 

Témoignage de THIERRY BERNARDI -CEO, Biofilm Pharma et Biofilm Control

Biofilm control vise à développer le premier test de diagnostic rapide « anti-biofilm ». Son objectif est de recommander les antibiotiques permettant d’empêcher qu’une infection aigue ne devienne chronique.

 

« L’avancée de la connaissance du développement bactérien en biofilm a permis de développer un nouveau test de diagnostic in vitro : l’Antibiofilmogramme. Il a vocation à devenir une aide décisionnelle pour le clinicien.  Son but : optimiser les antibiothérapies et éviter les risques de récidives des infections liées aux biofilms. Nous ciblons les indications où l’infection est visible et directement accessible pour le praticien, telles que les infections de plaies où le risque pour le patient est l’amputation avec un coût humain et sociétal énorme vu les populations concernées. Après validation préclinique règlementaire, l’évaluation clinique est en cours. Elle doit établir la concordance entre les échecs et succès thérapeutiques sur l’ulcère du pied diabétique et la prescription d’antibiotiques recommandés ou non sur la base du test Antibiofilmogramme, en vue du marquage CE » ;

 

 

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies et la collecte de vos données et informations personnelles par Lyonbiopôle, dans les finalités de mesurer le trafic sur le site Web, de fournir des statistiques et de vous proposer des contenus adaptés à vos centres d’intérets. Pour exercer vos droits d'accès, de rectification, d'opposition, de suppression et de portabilité, conformément au règlement général sur la protection des données (UE n°2016/679), vous etes informés que vous pouvez envoyer votre demande à dpo@lyonbiopole.com. Plus de détails sont disponibles en cliquant ici J'accepte