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Les Centres de Ressources Biologiques incontournables maillons de la chaîne biomédicale

Interview avec le Professeur Mossuz qui est intervenu lors de la conférence organisée le 23 juin sur le sujet par Lyonbiopôle

 

 


Bonjour Professeur Mossuz. Lyonbiopôle a réuni fin juin 70 personnes sur le thème des biobanques. Selon vous, qu’est ce qui rend le sujet clé pour la filière santé ?


L’activité de stockage de matériel biologique a toujours fait partie de la prise en charge diagnostique et clinique des patients. Cette activité évolue dans ses modalités et ses finalités. En particulier, des investissements notables sont actuellement consacrés par les pays européens et nord-américains aux biobanques, aussi appelées CRB (Centres de Ressources Biologiques). L’objectif est de développer des programmes à grande échelle dans le domaine de la recherche biomédicale, qui aboutissent à la constitution de bases clinico-biologiques donnant accès à des échantillons et ressources biologiques (cellules, tissus, liquides biologiques, micro-organismes…) conservées dans des conditions standardisées et qualifiées ainsi que la mise aux normes européennes et internationales des CRB. D’autre part, ces bases clinico-biologiques vont permettre la collecte des données clinico-biologiques des patients dans le cadre de cohortes HU/H multi-sites ou multi-thématiques.

 

 

Pourquoi de tels investissements ?


Les biobanques sont devenues un maillon essentiel de la recherche biomédicale. 4 facteurs ont joué en ce sens. Tout d’abord, comme je l’ai déjà souligné, beaucoup de tumorothèques, cellulothèques et plasmathèques, en tant que centres de ressources analytiques et cliniques, font partie intégrante du parcours de soin et reflètent la prise en charge médicale des patients dont le consentement ou la non opposition explicite est exigé avant tout prélèvement.

Second facteur – essentiel aujourd’hui : outre la mise à disposition de bio-ressources de qualité et de leurs données associées, elles garantissent aussi le strict respect du cadre réglementaire européen et international – ce qui est essentiel pour limiter des usages potentiellement inappropriés des ressources : en matière de conservation et d’exploitation de bio-ressources (recommandations OCDE 2001, loi de bioéthique de 2004, recommandations HAS 2009, recommandations INCa 2011, régimes de déclaration et d’autorisation…), ainsi qu’en matière de normes de qualité applicables aux systèmes de management (normes NF 96 900 et ISO 9001) et de gouvernance.

3ème facteur – et non des moindres : elles servent directement l’innovation biotech. Elles supportent des projets de recherche transversaux à l’échelle régionale, nationale et internationale, et jouent le rôle de partenaire privilégié pour tout développement à caractère technologique.

Dernier facteur : les biobanques assurent la promotion des compétences et expertises de pointe développées en leur sein, et valorisent les ressources de leurs collections dans le cadre de publications scientifiques, de projets de R&D collaboratifs, de cessions à des tiers.

 

 

Quels sont leurs défis pour demain ?


Les CRB ont démontré leur valeur ajoutée. Ils ont désormais à relever les défis des méga-données et de la digitalisation des métiers et du business. Une nouvelle étape clé à franchir pour jouer pleinement le rôle qui leur est dévolu.

 

 

En conclusion


Lors de cette matinée ont été présentés les CRB du Centre Léon Bérard et des 3 CHU de la région Rhône-Alpes, ainsi que d’autres CRB non hospitaliers et l’initiative Biospecimens coordonnée par l’IRT BIOASTER. Les 4 principaux CRB de la région ont profité de cette exposition pour partager leurs retours d’expérience et valoriser les procédures mises en place au sein de ces organisations pour la constitution, puis la conservation des collections. Au coeur des interventions, des sujets montrant l’importance des approches dites Big Data, de la gestion des données biocliniques, ou encore la nécessité d’assurer l’interopérabilité entre les systèmes d’information des CRB et ceux de leurs partenaires. Sans compter le travail sur la valorisation des offres et l’harmonisation des grilles tarifaires qui doivent être lisibles et pertinentes pour les potentiels candidats à la cession de collections.